Histoire

Un village marqué par l’Histoire

L’origine du village se trouve dans sa position stratégique sur la route de l’Ouest, à une époque où les communications par la vallée de la Seine étaient peu sûres. L’emplacement de la place forte moyenâgeuse, sur cette avancée du plateau délimité et en promontoire sur la rivière de la Vaucouleurs et le ruisseau d’Houville, est aujourd’hui encore celui du village. L’histoire militaire a conféré à Montchauvet un rôle stratégique de premier ordre dont il subsiste plusieurs constructions et vestiges.

Le territoire de Montchauvet, éperon calcaire au confluent de deux rivières, la Vaucouleurs et son affluent en rive gauche, le ru d’Houville, était au XIIème siècle un site idéal pour constituer une forteresse qui devait s’intégrer dans la première ligne des fortifications établies par le Roi et ses vassaux à la frontière normande.

Très rapidement, les constructions nouvelles s’agglomèrent autour du fort. Montchauvet devient une ville neuve fortifiée avec ses remparts, son prieuré-cure et, hors les murs, ses moulins et ses vignobles. Dès 1138, les bourgeois sont exemptés de taille et de corvée par le roi Louis VI, privilèges qui seront confirmés par Philippe Auguste en 1218. Lorsqu’en 1214 Philippe-Auguste reprit la Normandie, le château perdit son rôle de défense, néanmoins, la cité est prospère grâce au commerce, notamment celui du vin. 

Par malchance pour la commune, en 1340, Charles II, le Mauvais, roi de Navarre et comte d’Évreux, hérite de Montchauvet. Allié des Anglais pendant la guerre de Cent Ans, il est battu en 1364 à Cocherel par Du Guesclin, lequel le poursuit jusqu’à Montchauvet où eurent lieu de sanglants combats. La rue du Massacre rappelle ces tristes évènements. En 1378 Charles V confisque Montchauvet et démantèle la forteresse. En 1393 Charles VI restaure le village, le château et l’église ; il confirme les privilèges accordés précédemment.

Malgré la fin de la guerre du Vexin en 1099, les escarmouches étaient fréquentes entre les armées française et anglaise.  Au début du XIIème siècle, le territoire français ne comprend que l’Ile de France et l’Orléanais. Montchauvet, qui appartenait à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, fut concédé entre 1116 et 1127 par l’abbé Hugues III au roi Louis VI le Gros et Amaury III de Montfort. Le roi désirant renforcer sa frontière normande, y fait construire un château de défense, entre 1133 et 1136 (à la même époque que celui de HOUDAN). Il comporte une première enceinte qui s’étend vers l’ouest et pouvait contenir une garnison de 1200 à 1500 hommes. La construction de l’église commencera en 1137. Une deuxième enceinte, englobant tout le village et munie de quatre portes sera bâtie Au XIIIème siècle. 

Le roi LOUIS VI le Gros accorde des privilèges aux villageois, en échange desquels ils s’engagent à ne pas prendre position en cas de conflit entre le roi et le comte de Montfort, le seigneur des terres. Neutro se tenebunt (ils restent neutres) deviendra ainsi la devise du village.

Après de nombreux rebondissements et la transmission du site stratégique dans la famille d’Aumale, au XVIème siècle, Henri IV ordonne le démantèlement définitif du fort et fait raser les remparts. Montchauvet perd alors son rôle militaire. N’ayant plus de raison d’existence militaire, le bourg décline lentement au cours des siècles suivants (environ 500 habitants dans les années 1800, 285 en 2017). En 1789, le dernier seigneur du village, le marquis d’Azémar, siégeait aux États Généraux à Versailles, avant de s’exiler en Angleterre. Depuis 1801 Montchauvet est rattaché au canton de Houdan.

L’histoire militaire du village s’est déroulée parallèlement à l’histoire de l’agriculture. La culture des céréales et l’élevage ont toujours été les modes de production agricole traditionnels du terroir auquel Montchauvet appartient. La vigne, qui a été très présente sur le territoire, a disparu à la fin du XIXème siècle.

A partir du XIXème siècle, le village trouve une nouvelle fonction d’ordre touristique et de villégiature avec de nombreuses résidences secondaires.

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Extrait du Cadastre Napoléonien de 1827 – Le village

  • Lien vers le le site des Archives Départementales des Yvelines et le Cadastre Napoléonien complet : 

https://archives.yvelines.fr/arkotheque/consult_fonds/fonds_seriel_resu_rech.php?ref_fonds=3

Première Guerre mondiale - 1914 / 1918

En 2018, à l’occasion du centenaire de l’armistice, le Maire et le Conseil Municipal ont fait réaliser pour la commune un tableau qui rassemble le résultat des recherches sur le sort des habitants de Montchauvet ayant donné leur vie pendant la Grande Guerre.  Ce tableau permet de situer les lieux des principales batailles au cours desquelles ces soldats montécalvétiens ont disparu. 

Seconde guerre mondiale : 6 aviateurs Britanniques et Australiens morts sur le territoire de la commune

Les aviateurs Britanniques et Australien, tombés à Montchauvet dans la nuit du 7 au 8 juin 1944, faisaient partie d’un ensemble de 337 avions ayant pour cible des centres de communications dans la vallée de Chevreuse. Appartenant au 115e squadron de la RAF l’équipage de ce bombardier « Lancaster » était constitué de sept hommes âgés de 19 à 28 ans. Un seul d’entre eux a pu sauter en parachute. Il fut fait prisonnier à Paris et déporté en Allemagne. Cette même nuit 17 bombardiers furent abattus dans les Yvelines. Les tombes de ces aviateurs sont dans le cimetière de Montchauvet, chaque année, le 8 Mai, le village leur rend hommage.